You are here

Les sources législatives dans l’islam

Les musulmans se basent [sur ces sources] afin de connaitre les lois de l’Islam, les règles de ses fondements, les preuves irréfutables sur lesquelles on promulgue des jugements sur ce qui est interdit ou autorisé…    

Les preuves sur lesquels on se base dans la charria sont issues:

  1. Du noble Qur’ân 

Il s’agit du livre d’Allah révélé à l’intention de Ses serviteurs comme guide, exposé et discernement entre la vérité et le faux. Il est protegé de tout changement et modification. Ainsi lorsqu’Allah ordonne dans Son livre ou interdit, il incombe à tous les musulmans de se conformer à cet ordre ou cet interdit. Lorsqu’Il dit: [Accomplissez la Salât] [24:An-Nour:56] nous savons avec certitude que la prière est obligatoire. Lorsqu’Il dit : [Et n’approchez point la fornication. En vérité, c’est une turpitude et quel mauvais chemin !] [17:Al-Isra:32]. Nous savons avec certitude que la fornication est interdite… Dès lors où Allah s’est assuré de protéger le Qur’ân de tout changement, ajout et retranchement, nous n’avons besoin que de nous assurer avoir bien compris ce que sous-entendait le verset prit comme preuve.     

  1. La Sounna prophètique

Cela englobe tout ce qui a été authentifié des paroles, des actes, des croyances et des mœurs du prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui). Ainsi dès lors où il a été authentifié que le prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit que : «Pas de rapport intime entre une femme et son oncle paternel et entre une femme et son oncle maternel» (Al-Boukhâri 5109) nous savons que cela est interdit et qu’une femme ne peut épouser ni son oncle paternel ni son oncle maternel.   

On doit examiner deux choses de la Sounna du prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) pour pouvoir en déduire la législation : 

  • L’exactitude de la chaine de rapporteur du hadith [rapporté par] le prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui). Nombres de savants s’en sont occupés et ont déployés des efforts considérables, usant de normes très strictes, précises et minutieuses, afin d’étudier la Sounna du noble prophète et différencier le hadith authentique ayant une chaine de rapporteurs sûre de ce qu’ils ont retenu des paroles attribuées au prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) et ce qui ne fait pas partie de la Sounna. Il est certes apparu suite à des erreurs et des inventions ou suite à des mensonges, des choses qui ont contaminées l’Islam. 
  • Qu’il y ait des preuves qui appuient le sens qui est sous entendu dans le hadith. Il peut s’agir de preuves claires et nettes dont le sens ne se contredit pas, ou de preuves contenant plusieurs sens, ou pouvant n’être compris qu’en présence d’un autre hadith.
  1. Le consensus

C'est l’accord de l’ensemble des savants de l’Islam sur une chose de quelque période qu’il s’agisse. La plupart [des points de] la législation islamique et des lois principales font l’objet d’un consensus des savants de l’Islam et ne font l’objet d’aucune contradiction. Parmi elles citons: le nombre de rak’a de la prière, quand débute et quand fini le jeûne, le taux imposé pour la zakat sur l’or et l’argent etcetera.      

Lorsque les compagnons étaient en accord ou ceux qui vinrent après eux, sur des paroles, cela fait office de preuve de sa validité. Parce que la communauté ne peut s’accorder sur une erreur. 

  1. L’analogie

C’est le jugement d’un cas ne se trouvant ni dans le Qur’ân ni dans la Sounna basé [par analogie] sur le jugement d’un autre cas [se trouvant lui dans le Qur’ân et la Sounna] et au travers desquels un jugement a été rendu. Comme par exemple dire qu’il est interdit de frapper les parents, [ce jugement] est basé par analogie sur l’interdiction de manifester sa mauvaise humeur et d’élever la voix sur eux. Conformément à ce qu’a dit Allah: […ne leur dis point: «Fi!» et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses] [17:Al-Isra:23]. Si donc Allah a interdit d’élever la voix afin de ne pas contrarier ses parents, les frapper en est d’autant plus interdit puisque l’on ne doit pas les contrarier… [L’analogie] est une discipline minutieuse qui ne peut être pratiquée que par les savants qui en ont les capacités. Par elle on détermine le jugement [de l’Islam] concernant les problèmes contemporains.   

Pourquoi les savants divergent-ils, s’ils sont d’accords sur les sources de la loi [islamique] ?

Pour comprendre cela l’on se doit de savoir auparavant que:

  1. L’ensemble des savants sont en accord sur tout ce qui a trait à la foi, les sources de la loi [islamique], les piliers de l’Islam, et ses bases fondamentales. Les désaccords se limitent à la compréhension de certains points de jurisprudence et à la façon de les accomplir. Par contre, en ce qui concerne les règles générales et les sources des jugements, les gens de science sont en accord par la grâce d’Allah sur cette loi qui clôture les [autres] lois et messages. La loi qu’Allah à assuré qu’il protégerait jusqu’à ce qu’Il hérite de la terre et ce qu’elle contient.  
  1. Le désaccord sur des choses secondaires et des détails, est naturel. Rien dans les lois célestes et scientifiques ne peut l’éviter. Les juristes diffèrent sur les explications et le sens [des lois], les juges diffèrent sur leurs applications, les historiens diffèrent sur les faits et les événements rapportés, les médecins, les ingénieurs, les experts, les techniciens tous diffèrent dans leur domaine, leur vision et leur analyse. Le désaccord sur les choses secondaire et les détails est donc naturel, il fait partie de la vie des scientifiques et de leur recherche.
  1. Allah -Le Tout Puissant- a certes excusé celui qui recherche la vérité en empruntant des voies correctes mais qui commet des erreurs pour y parvenir. L’envoyé d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) a certes fait la bonne annonce à celui qui recherche la vérité en empruntant des voies correctes, qu’il ne sera pas privé de récompense dans les deux cas. S’il parvient à la vérité il obtient deux récompenses et s’il se trompe malgré le soin mit et son cheminement dans la bonne voie, il obtient une récompense. Le prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : «Lorsque le juge rend un jugement basé sur un effort d’interprétation et qu’il a raison il obtient deux récompenses. Et s’il rend un jugement basé sur un effort d’interprétation et qu’il se trompe il obtient une récompense» (Al-Boukhâri 7352) 

Allah nous a certes conté l’histoire de Dâwûd et de Sulayman (Que la paix soit sur eux) lorsqu’ils rendirent tout deux un jugement basé sur un effort d’interprétation. Sulayman (Paix sur lui) [rendit un jugement] conforme [à la vérité] et ne fut pas d’accord avec le jugement rendu par Dâwûd. Ainsi Allah nous conta leur histoire. Il confirma que Sulayman avait raison et que Dâwûd (Paix sur lui) avait tort, malgré cela Il loua leur science [à tous les deux] en disant: [Nous la fîmes comprendre à Sulayman. Et à chacun Nous donnâmes la faculté de juger et le savoir] [21:Al-Anbiya:79] 

  1. L’ensemble des gens de la Sunna bien guidés et les quatre Imams se basent sur le Livre (Qur’ân) et la Sunna et ne placent avant [ces deux sources] ni leurs réflexions ni leurs divergences. Leurs divergences n’ont pas pour origine leur passion ni ne sont fait en vue d’un ralliement pour un but ou un intérêt. Elles étaient au contraire, basées sur une base scientifique et n’avaient pour seule raison que la recherche de la vérité. Il se pouvait qu’il soit parvenu à l’un d’eux un hadith qui n’était pas parvenu a un autre, ou qu’ils étaient en désaccord sur la compréhension d’une preuve issue du Livre (Qur’ân), de la Sunna ou autre…   
  2. Quatre des plus grand Imams de jurisprudence islamique furent célèbres et tous les gens s’accordèrent sur leur science et leur religiosité et leur donna le titre d’imam. Ils attinrent un très haut niveau de science dans la jurisprudence et les sciences religieuses. Leurs élèves furent nombreux et ceux-ci diffusèrent leurs paroles, et les enseignèrent aux gens partout dans le monde. Ainsi vit le jour les quatre écoles de jurisprudences qui ont [ces imams] pour origine et celles-ci se répandirent dans les pays musulmans. Ces écoles sont:  
  • L’Imam Abou Hanifa, son nom était An-No’man Ibn Thabit. Il vécut en Irak et est mort en l’an 150 de l’hégire. Il fut à l’origine de l’école Hanafite. 
  • L’Imam Malik Ibn Anas Al-Asbahi. Il était l’imam de [la ville de] Médine l’illuminée. Il est mort en l’an 179 de l’hégire. Il fut à l’origine de l’école Malikite.  
  • L’Imam Ash-Shafi’i, son nom était Mohammed Ibn Idriss. Il vécut entre la Mecque, Médine, l’Irak et l’Egypte. Il mourut en l’an 204 de l’hégire. Il fut à l’origine de l’école Shafi’ite. 
  • L’Imam Ahmed Ibn Hanbal. Il vécut pratiquement toute sa vie en Irak et est mort en l’an 241 de l’hégire. Il fut à l’origine de l’école Hanbalite.

Les quatre Imams et leurs étudiants se faisaient des éloges réciproques. Leurs conclusions différaient mais tous recherchaient avec application la vérité, ce qui est juste. Il n’y avait aucun problème que l’un d’entre eux soit d’accord avec un autre sur un point, et qu’un autre soit d’accord avec un autre sur un autre point. Ils suivaient la vérité et [se basaient sur] les preuves. Voila pourquoi il se trouve que certains étaient les élèves d’autres. Ainsi l’Imam Ahmed fut l’élève et étudia avec [l’Imam] Ash-Shafi’i. [L’Imam] Ash-Shafi’i fut l’élève et étudia avec l’Imam Malik et il y eut entre l’Imam Malik et les étudiants de l’Imam Abou Hanifa des rencontres et des études scientifiques…    

Il est certes avéré des quatre Imams les paroles suivantes: «Si le hadith est authentique, alors c’est mon avis». Ainsi, leur but premier était de diffuser la science religieuse et éradiquer l’ignorance des gens. Allah fut miséricordieux envers eux d’une immense miséricorde.

Qu’est-il obligatoire au musulman de faire, face à une divergence d’opinion jurisprudentielle?

Il est obligatoire au musulman de faire un effort d’interprétation afin de suivre la vérité et d’y arriver…

  • S’il s’agit d’un étudiant en science religieuse spécialisé [dans les sciences islamiques], qui a des compétences [suffisantes] lui permettant d’étudier les preuves, il se doit de suivre les conclusions auxquelles il arrive suite a son effort d’interprétation dans la compréhension des preuves si celles-ci coïncides avec les règles de la science et les fondements de la jurisprudence. Il lui est interdit d’adopter l’avis de son cheikh ou de son école de jurisprudence s’il lui apparait que l’avis juste est émis par un autre qu’eux.   
  • S’il s’agit d’un musulman ordinaire qui n’est ni spécialisé [dans les sciences islamiques] ni n’a de compétences [suffisantes] lui permettant d’étudier les preuves, il lui est obligatoire de faire un effort dans le choix de celui qu’il va suivre afin de choisir [celui qui lui parait être] le plus fiable du point de vue de sa religiosité et du point de vue de sa science. Ainsi il accomplira ce qu’il lui demandera de faire. Conformément à la parole d’Allah: [Demandez donc aux gens du rappel si vous ne savez pas] [21:Al-Anbiya:7]

Si l’on connait des paroles sûres ou si l’on demande à un savant reconnu une chose, on n’est pas obligé de reposer la question à un autre [afin de s’assurer de la réponse du premier]. Si l’on entend la parole d’un autre [savant] contredire ce qui a été auparavant dit, on se doit de suivre ce qui nous parait être le plus exact, et le plus proche de la vérité. Comme le fait un malade lorsque deux médecins sont en désaccord sur le traitement à donner. 

On se doit de ne critiquer ni rejeter aucun des musulmans qui n’adoptent pas son avis, même s’ils ne suivent pas une école de jurisprudence ou s’ils n’appliquent pas les dires d’un savant reconnu ou s’ils font partis de personnes pronant les efforts d’interprétations. Les compagnons et les salafs divergeaient sur certains points de jurisprudence, mais cela ne les empêchaient pas d’éprouver de l’amour, de la fraternité et de débattre sans se critiquer les uns les autres.         

Le guide simplifié du musulman

Le site du «guide simplifié du musulman» est une copie électronique du livre : «Le guide simplifié du musulman» qui est un des projets de la société «Le guide moderne». Il a été édité en plus de 15 langues et a été rendu compatible avec de nombreux formats électroniques.

Le guide moderne